Pendant que le Cap-Vert célébrait un nouvel exploit historique en faisant vibrer tout un peuple, la Guinée suivait une fois de plus la Coupe du monde devant son écran. Ce scénario n’est malheureusement pas nouveau. En 2018 comme en 2022, le Syli National était absent. Et aujourd’hui encore, l’écart avec certaines nations africaines pourtant moins favorisées interroge.
L’image est saisissante : un archipel d’environ 600 000 habitants s’invite parmi les grandes nations du football mondial, tandis qu’un pays de près de 14 millions d’habitants continue de courir après ce rêve.
À cinquante jours du début des éliminatoires de la CAN 2027, cette réalité doit servir de point de départ à une réflexion profonde sur l’avenir du football guinéen.
Une richesse sportive que peu de pays possèdent
La Guinée dispose pourtant d’atouts considérables. Le Syli National peut compter sur des joueurs de très haut niveau comme Serhou Guirassy, meilleur buteur de la dernière Ligue des champions, Ilaix Moriba, issu de la prestigieuse académie de La Masia, ou encore Naby Keïta, dont le palmarès européen parle de lui-même.
Au-delà des individualités, le pays possède une véritable culture footballistique. Le Hafia FC reste l’un des clubs les plus prestigieux du continent avec ses trois titres africains, tandis que la Guinée garde dans son histoire une finale de Coupe d’Afrique des Nations disputée en 1976.
Sur le plan du potentiel, peu de sélections africaines peuvent rivaliser avec une telle base.
Pourquoi le Cap-Vert avance
Si le Cap-Vert réussit à franchir des étapes que la Guinée peine encore à atteindre, ce n’est pas parce qu’il possède davantage de talents.
La différence se construit ailleurs.
Depuis plusieurs années, la fédération capverdienne mise sur une stratégie cohérente, avec une stabilité institutionnelle, un travail continu auprès de sa diaspora et des projets qui dépassent les changements d’hommes. Les sélectionneurs bénéficient de temps pour construire une identité de jeu, tandis que l’équipe nationale évolue régulièrement devant son public dans des infrastructures homologuées.
Cette continuité a progressivement permis aux Requins Bleus de s’imposer parmi les sélections africaines les plus compétitives.
Les défis que la Guinée doit résoudre
En Guinée, les difficultés dépassent largement le terrain.
Les principaux stades du pays demeurent fermés depuis plusieurs mois, empêchant le Syli de recevoir ses adversaires devant son public. Les tensions évoquées autour de la sélection, les difficultés de communication avec certains internationaux et l’absence lors de la CAN 2025 illustrent également une période délicate.
Le classement FIFA, qui stagne autour de la 80ᵉ place mondiale, confirme que les performances ne progressent plus au rythme attendu.
Le problème n’a jamais été le manque de qualité des joueurs. Ce sont surtout l’organisation, la stabilité et la planification qui restent les principaux défis.
Une campagne décisive approche
Le 21 septembre, la Guinée ouvrira les éliminatoires de la CAN 2027 dans le groupe D face à des adversaires comme l’Afrique du Sud et l’Érythrée, tandis que le Kenya est déjà qualifié en tant que pays organisateur.
Chaque rencontre aura une importance capitale.
Mais la qualification ne dépendra pas uniquement de ce qui se passera pendant quatre-vingt-dix minutes. Elle reposera aussi sur la capacité des autorités sportives à offrir des infrastructures conformes, à instaurer un climat de confiance entre le staff technique et les joueurs, et à garantir une préparation sereine.
Le temps des décisions
L’exemple du Cap-Vert démontre qu’une sélection peut atteindre le plus haut niveau sans disposer des plus grandes stars, à condition de bâtir un projet solide et durable.
La Guinée possède déjà les joueurs, les supporters et une riche histoire. Ce qui lui manque désormais, c’est une organisation capable de transformer ce potentiel en résultats.
À l’approche des qualifications pour la CAN 2027, puis de celles du Mondial 2030, l’heure n’est plus aux comparaisons mais aux décisions.
Le Syli National a les moyens d’écrire une nouvelle page de son histoire. Encore faut-il que tous les acteurs — dirigeants, encadrement et joueurs — avancent enfin dans la même direction.
Selon vous, quel est aujourd’hui le principal obstacle qui empêche la Guinée de suivre l’exemple du Cap-Vert ?
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