Le rêve de revoir le Syli National jouer enfin devant son public à Conakry vient de prendre un tournant aussi décisif qu’inquiétant. Ce jeudi 21 mai 2026, le ministère de la Jeunesse et des Sports a officialisé la fermeture du stade du 28 Septembre et du stade Général Lansana Conté de Nongo jusqu’à nouvel ordre.
Une décision forte, signée par le ministre Mamadou Cellou Baldé, qui suspend toutes les activités dans les deux enceintes : compétitions sportives, concerts, cérémonies officielles ou événements publics. Objectif affiché : accélérer les travaux de réhabilitation et répondre enfin aux exigences de la CAF et de la FIFA.
Une annonce qui surprend après les promesses faites aux supporters
Cette fermeture intervient seulement quelques jours après une sortie très remarquée du ministre à l’aéroport Ahmed Sékou Touré, lors de l’accueil réservé à Serhou Guirassy et à son Soulier d’Or de la Ligue des Champions.
Devant les médias et les supporters, Cellou Baldé avait alors affiché son ambition de faire revenir rapidement le Syli à domicile.
Le contraste est donc frappant. D’un côté, un discours plein d’espoir autour du retour du Syli à Conakry. De l’autre, une fermeture totale des deux principaux stades du pays. Même si la logique sportive reste cohérente — rénover pour mieux accueillir — la séquence laisse les supporters dans le doute.
Depuis plusieurs années, les fans réclament des infrastructures conformes aux standards internationaux afin de mettre fin aux matchs délocalisés de la sélection nationale. Mais à quatre mois des éliminatoires de la CAN 2027, le temps devient désormais l’adversaire principal.
Deux ans de chantier et toujours aucune date officielle
Les travaux du stade du 28 Septembre ont été lancés en août 2023, tandis que ceux du stade Général Lansana Conté de Nongo ont débuté en octobre de la même année. Pourtant, près de deux ans après le lancement des projets, aucune date officielle de livraison n’a encore été communiquée.
Plusieurs difficultés ont ralenti les chantiers : retards de paiement des entreprises, modifications techniques en cours de projet et complexité des travaux de mise aux normes internationales.
Le cas du stade de Nongo symbolise particulièrement les frustrations du football guinéen. Annoncé depuis de longues années comme le futur joyau du sport national, l’infrastructure peine toujours à être totalement opérationnelle malgré des investissements considérables.
Selon plusieurs estimations, le coût global des rénovations avoisinerait les 3 000 milliards de francs guinéens.
Quatre mois décisifs pour le Syli National
L’urgence est désormais totale. La Guinée doit débuter les éliminatoires de la CAN 2027 entre le 21 septembre et le 6 octobre prochains. Pour espérer accueillir ces rencontres à domicile, les infrastructures doivent être terminées, inspectées puis homologuées par la CAF dans des délais extrêmement serrés.
Or, le processus d’homologation nécessite plusieurs étapes : fin des travaux, contrôle technique, validation administrative et inspection officielle des installations.
Depuis 2021, le Syli National dispute ses matchs “à domicile” hors de Guinée, notamment au Maroc ou en Côte d’Ivoire. Une situation qui prive régulièrement les supporters guinéens de leur équipe nationale et réduit l’avantage sportif du Syli.
Aujourd’hui, une question domine tous les débats autour du football guinéen : les travaux seront-ils réellement terminés à temps pour éviter un nouvel exil du Syli National ?
Les prochaines semaines pourraient décider d’une partie importante de l’avenir sportif de la Guinée.
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